Manger, se vêtir et se soigner

Alimentation
◈ Aliments de base → Le riz a été introduit de la Chine au IVème siècle avant notre ère, ce qui constitue l'élément essentiel de la cuisine. En ce sens, le riz est un aliment précieux, sacralisé et souvent représentant la force divine du riz (ex: mochi).

L'on peut retrouver ce caractère sacré dans certaines fêtes pour lesquelles le riz est mis à l'honneur ainsi que le Nouvel an. Il faut cependant préciser que l'usage du riz en tant que repas était souvent un luxe et le privilège des classes supérieures, car non seulement il constituait le seul impôt du pays, mais en plus il était extrêmement coûteux.

À quelques exceptions près, l'agriculture traditionnelle n'a pas pratiqué l'élevage et ne produisait ni viande ni produits laitiers, car c'était pour se conformer aux préceptes du bouddhisme que les empereurs du VIIème et VIIIème siècle interdirent l'abattage des animaux et la consommation de viande, tout en tolérant le poisson. Cet interdit s'est imposé au fil des siècles et a façonné les habitudes alimentaires. La consommation de la chair de baleine apparaît comme une exception, mais il ne faut pas oublier que la baleine était considérée comme un poisson.

Ne consommant ni viande, ni produits laitiers, ils considèrent traditionnellement le poisson comme un mets de choix - qui n'est cependant pas prisé des plus pauvres au vu de son coût élevé. Parmi les plats de base l'on peut donc citer le sashimi, poisson cru en tranches fines, à partir d'un poisson très frais découpé avec art et servis avec une sauce à base de soja ou de miso (pâte de soja fermenté), ainsi qu'avec un peu de wasabi.

◈ Préparation → Leur raffinement dans la simplicité est indissociable du miso et de la sauce soja, au point qu'ilscroient que tout aliment peut être délicieux si on le cuisine de cette façon ou si on le mange avec de la sauce miso ou de soja. Ces condiments permettent de ne pas faire de la haute gastronomie.

La sauce soja commence à être utilisée à l'époque Edo, tandis que la pâte miso est beaucoup plus ancienne.

Si la cuisine de Yume ne nécessite pas une préparation longue et complexe, l'art du découpage est pourtant très important, à tel point que le cuisinier spécialisé est désigné comme hôchônin - 包丁人 ("la personne qui manie les couteaux").

L'art du découpage est ainsi étroitement lié à l'art de la présentation, car une bonne cuisine doit être vue avant d'être appréciée pour son goût.

◈ Le Repas → Traditionnellement, le repas est composé de deux éléments : la nourriture principale et la nourriture secondaire. La première désigne le riz cuit présenté dans un bol, alors que la nourriture complémentaire a pour fonction essentielle de stimuler l'appétit et de faciliter la digestion du riz.

Elle est traditionnellement constituée de petits plats à base de légumes ainsi que de poisson et de soupe .
Les repas modestes n'étaient composés que d'une soupe et de quelques condiments, souvent des légumes macérés servis en petite quantité, qui aidaient à consommer le riz en grande quantité (d'un mélange de céréales accompagné de fruits/légumes sauvages et racines des bois pour les plus pauvres).

En revanche, les plats pouvaient être multiples dans les classes aisées.

À l'occasion des fêtes, une dizaine de plats pouvaient être disposés sur la table : plus le repas était grandiose, plus les plats étaient nombreux. À la différence du repas occidental, où le plat principal est généralement copieux, les différents mets d'un repas japonais sont souvent très variés mais toujours servis en petite quantité.
La simplicité de ce repas rejoint l'idée selon laquelle "l'idéal en cuisine est de ne pas cuisiner".



Servir
◈ La vaisselle → Étant très visuelle, l'art de la vaisselle en est largement influencée, car la cuisine de Yume est qualifiée de "cuisine pour le plaisir de l'oeil".

Le riz par exemple est servi dans un bol en porcelaine, la soupe dans un bol en bois laqué... pour les autres mets, les plats sont extrêmement variés aussi bien dans leur matière (bois, poteries ou porcelaines) que dans leurs formes et les motifs qui les décorent.

La présentation des aliments doit être en harmonie avec la décoration des plats. Les mets du printemps par exemple ne sont pas présentés dans des assiettes portant des motifs de plantes symbolisant l'automne.

◈ L'esthétique → l'esthétique de la cuisine a été profondément influencée par la cérémonie du thé. Au cours de celle-ci, le lieu, les ustensiles et les participants sont en harmonie. La cuisine la plus raffinée se nomme kaiseki ryôri 会席料理, un repas notamment servi lors de la cérémonie du thé.



Consulter
◈ Diagnostics → Les textes classiques recommandent quatre formes d'examen : regarder le malade, notamment la couleur de sa peau, sa langue; écouter le son de sa voix, sa respiration; sentir son odeur; enfin, l'interroger et prendre ses pouls.

L'examen des pouls est parfois complexe; le plus simple consiste à en identifier douze, un par viscère. Selon la classification du Shang Han lun, chaque stade de l'évolution de la maladie se caractérise par un pouls spécifique.

Si la maladie ne se développe pas en conformité avec ces stades, les médecins considèrent qu'un traitement précédent avait brouillé l'ordre d'apparition des symptômes.

L'analyse des rêves est également utilisée pour établir un diagnostic.
Un agent pathogène chasse l'âme du corps, entraînant un déséquilibre organique qui détermine tel ou tel rêve. Un excès ou un manque de ki dans un viscère fait éprouver en rêve les émotions que cet organe est censé engendrer. Ainsi, une trop grande quantité de ki de nature yin dans les reins provoque des rêves dans lesquels le malade traverse un grand cours d'eau et se trouve en proie à l'inquiétude.

Les techniques occidentales n'étaient guère prisées et ne formaient pas de domaine spécifique. Néanmoins certains médecins rédigeaient des ian, recueils de diagnostics établis par plusieurs praticiens pour un même cas.



Se soigner
◈ Thérapies → La médecine sino-japonaise fait appel à trois formes de thérapie : l'acupuncture, la moxibustion et les massages, qui constituent les variantes d'une même technique de rééquilibrage du ki, ainsi qu'à un grand nombre de remèdes principalement à base d'herbes.

Le Huangdi neijing affirme que les maladies provenant d'un déséquilibre situé dans les méridiens doivent être soignées par le moxa, les maladies de la chair par l'acupuncture et les maladies des vents, comme la paralysie, par les massages et les remèdes.

Certains ouvrages, en particulier l'Ishinpô, énumèrent 660 points d'acupuncture. Les points atteints par les aiguilles sont les mêmes que ceux que l'on chauffe par la combustion d'une plante (mogusa ou artemisia) placée près de la peau.

Les massages agissent également sur eux par simple pression. On y a recours pour réduire les fractures ou soigner les entorses.

Des régimes alimentaires appropriés selon la saison, l'âge, le sexe ou la phase dominante chez chaque individu sont également considérés comme des soins préventifs, voire comme une thérapie. Ce n'est que quand ils se révèlent inefficaces que l'on prescrit des médicaments.



S'Habiller
◈ Les matières premières → Souvent faites de toiles de chanvre, parfois de soie pour les plus aisés, le peuple avait accès aux couleurs basiques ( bleu, violet, rouge, découlant d'un arbre dont ils récupèrent les fruits et la sève ).

Pour les nobles les coloris sont plus recherchés, le raffinement plus poussé avec un certain attachement aux détails, et chaque couche porte son nom et ses significations.
En hiver, les vêtements sont ouatés.

La paille et le bois constituent les principales matières pour les sandales, les vestes et les chapeaux.

Le vêtement généralement est très codifié, chaque élément, chaque couleur ou couture représente le rang de la personne. Cette codification s'affirme dans l'enceinte du palais, où la moindre erreur peut faire courir les rumeurs et la honte sur le personnage.

Seuls les nobles et les guerriers avaient droit de porter le blason de leur famille.




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© 2020 Yume Monogatari
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